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Français

Tribune pour un roman

- Strip n°485

Salut tout le monde !


Grande nouvelle ! Le 3ème tome de mon roman sort DEMAIN (10 octobre) dans toutes les bonnes librairies !


Intitulé « Des milliers de murmures », il se situe toujours à l’époque où j’étais au collège avec Sarah, Ranjit et Vlad. Ambiance vintage garantie sans téléphones portables. Rien que de bons vieux agendas papier, des baladeurs auto-reverse et Internet qui pointe tout juste le bout de son modem 28k.


C'est vrai, j'ai dit ça à l'époque...


Cette fois-ci, nous avions eu affaire à une brume zombifiante plutôt récalcitrante, mais je ne vous en dis pas plus, vous pouvez lire le pitch et un chapitre sur le site officiel : Maliki.com/roman

Ce tome boucle également le cycle de Poison, ainsi que l’année scolaire. Promis, il ne se termine pas en énorme cliffhanger, comme j’aime maladivement le faire d’habitude.

Cette sortie est aussi l’occasion pour moi de faire un « petit » (je plaisante, c’est un pavé !) bilan de cette expérience dans le roman jeunesse.

Les plus fidèles le savent, j’ai pris l’habitude de produire une bande annonce animée (comme ça par exemple) pour la sortie de mes livres.
J’adore ça, même si je galère.
Mais pour celui-ci, je n’en ai pas faite. Je n’ai pas trouvé la force.

Pourquoi ?


Ce n’est pas  un manque d’intérêt de ma part pour ce projet, au contraire. Ecrire ce nouveau roman m’a demandé beaucoup d’énergie, de temps, et je l’ai fait avec beaucoup d’enthousiasme. Je crois bien que j’aime écrire autant que j’aime dessiner, si ce n’est plus.

Mais pour être honnête, ma joie que ce livre sorte enfin est un peu en demi-teinte. Car malgré l’envie que j’ai de vous le faire découvrir, après 2 autres romans déjà parus, je connais déjà plus ou moins son destin. Et je crois que ça me blase un peu.

Quand j’ai commencé à écrire du roman, je me suis dit : C’est génial, le roman a l’air toujours bien mieux considéré que la BD. Peut-être que ce sera plus facile d’avoir une peu de promo, une meilleure visibilité, une meilleure rémunération, d’être plus prise au sérieux...


Haha. Tendre naïveté !


Déjà, officiellement, je fais du roman « jeunesse » et non pas du roman « tout court ». Dans le milieu de l’édition, ÇA N’A RIEN A VOIR !



Du roman « jeunesse » ? De qui se moque-t-on ?
Déjà, c’est super fastoche à écrire, parce que c’est pour les enfants/ado, donc pas la peine d’en faire des caisses et d’être Bernard Werber. N’importe qui peut y arriver. La preuve, je suis auteur de BD à la base et on m’a laissé faire. En plus, y’a souvent des images, les thématiques sont bêbêtes, c’est de l’aventure... Et puis le raccourci est vite pris : Si on écrit pour les enfants, c'est qu'on est encore un peu un enfant.  Bref, quand vous êtes estampillé « jeunesse », soyons honnêtes, vous êtes un sous-auteur (y'a des exceptions bien sûr). Et à ce titre, vous êtes sous-payé, sous-considéré,  sous-exposé, et sous la pile des autres sorties en librairie.



Alors oui, même si j’ai toujours un petit espoir enfoui quelque part dans ce qui me reste d’optimisme (faut chercher !), je connais le destin de mon roman chéri. Comme la plupart des nouveautés qui inondent le marché, il va se retrouver posé en rayon une semaine, et disparaîtra la semaine suivante dans les limbes de la confidentialité.
Une semaine pour convaincre.
Peut-être deux...
Pour un travail qui m’a pris grosso-modo neuf mois sans compter mes heures, pour lequel j’ai aussi dessiné la couverture, et une trentaine d’illustrations, le tout pour 4000€ d’avances sur droits (que je dois rembourser après sur les ventes, faut pas déconner !) à coups de 6% du prix de vente par livre vendu (et 3% pour la version poche, ben oui, c’est plus petit !). J'ai beau savoir que c'est ainsi, ça me fait quand même halluciner. Et parce que c’est « jeunesse » et « qu’on a toujours fait comme ça », bien sûr, c’est non-négociable. Croyez moi, j’ai essayé. Et tout ça, je le savais pertinemment en signant.



Je suis auteur depuis 14 ans. J’ai la chance inouïe d’avoir des mécènes et le soutien de ma communauté, et mes œuvres en autoédition pour me permettre d’entreprendre de tels projets à perte, je ne suis pas à plaindre. Mais imaginez la vie des auteurs qui débutent et tentent de vivre avec 444€ bruts par mois. Alors oui, pour le coup, j’ai vraiment fait ce projet par passion, mais j’ai honte car je  montre un très mauvais exemple en continuant à signer ce type de contrat.

Certains me diront : « Ah mais c’est la sélection naturelle ça ! Si un roman ne trouve pas son public, c’est parce qu’il n’est pas bon. Le darwinisme s’applique aussi au monde impitoyable de l’édition. »

Si seulement...
Si seulement ce n’était qu’une question de qualité ! Là, ce serait une sentence que je pourrais entendre.

Mais mes pauvres amis, la qualité d’une œuvre, c’est SECONDAIRE.
Un gros éditeur sort des dizaines de titres par mois. Parfois plus. Sur cette pléthore de titres, il va décider de miser gros sur un ou deux auteurs sûrs ou prometteurs. Les autres ? Ils servent à gonfler la masse des faire-valoir. Ceux-là n’auront pas d’article dans la presse, n’iront pas sur des plateaux télé, n’auront pas un présentoir géant à l’entrée de tous les supermarchés.
Parce qu’ils sont moins bons ?
Non.
Parce que personne, dans ce petit microcosme qui est pourtant venu les chercher, ne croit en eux. Je suis persuadée que si l’éditeur ne débourse pas un centime  pour faire connaître une œuvre, aussi magistrale soit-elle, s’il ne fait pas chauffer à blanc son service de presse avec les relations qui vont bien, et si le diffuseur n’a pas un intérêt quelconque à défendre ce titre, alors il ne décollera jamais. Il ne « trouvera pas son public », car ce n’est pas l’auteur, maintenu dans le noir, qui est en capacité de le trouver. Il ne contrôle aucun canal de diffusion et dans sa misère, n’a pas les moyens financiers pour ça.

Comment une œuvre pourrait-elle trouver son public si personne n’en entend jamais parler ? Malgré ma communauté et ma présence constante sur les réseaux, je sais que plus de la moitié des gens qui ATTENDENT ce roman et VEULENT le lire ne verront même pas l’info de sa sortie.

Même les réseaux sociaux, qui nous ont permis un temps de contourner les autoroutes habituelles exigent désormais qu’on paie. J’ai 87 000 personnes qui me suivent sur ma page Facebook. 87 000 personnes qui ont cliqué en disant « oui, je veux voir les infos de cette page, ça m’intéresse ». Et bien si moi, je décide d’écrire « coucou » sur ma page Facebook et que je veux que ces 87 000 personnes le voient, je dois débourser au minimum 400€ par JOUR, pour espérer toucher entre 8 900 et 37 000 personnes maximum. Et pas des inconnus hein, juste mes abonnés !
Si je ne paie pas ? Seule une poignée d’abonnés verra mon "coucou" s’afficher au milieu des publications filtrées et sponsorisées. Et c’est la même tisane sur Twitter ou Youtube. Les réseaux se sont rendus indispensables, et désormais nous rackettent paisiblement.



Alors un jeune auteur talentueux et inconnu, sans relations, sans communauté, sans argent, qui trouve son public ? Im-po-ssible si l’éditeur qui l’accueille ne se sort pas les doigts, du porte-monnaie pour commencer. Autant jeter une bouteille à la mer en guise de communication.


 

J’ai l’air d’en rajouter avec mon manque de considération de la chaîne du livre pour ses auteurs ?
Tenez, voici quelques brèves cocasses sur les coulisses de ce tome 3, qui s'est pourtant dans l'ensemble bien passé.

- Figurez-vous que j’ai appris la date de sortie de mon roman sur les sites de vente en ligne. Oui. Personne n’avait pensé à me prévenir.
- D’ailleurs, à deux jours de la sortie, le visuel de la couverture n’est même pas sur Amazon ou Cultura. Regardez comme c’est vendeur !


Edit : Quelqu'un semble avoir mis à jour suite à cette note, merci ;)


- Sur tous les sites de vente, il est indiqué que le roman fait 400 pages. Alors qu’en vrai, il en fait 530. Un détail j’imagine.
- A ce jour, malgré mes relances, je n’ai reçu aucune nouvelle du service communication de mon éditeur, pour me dire si quelque chose était prévu pour la sortie. Il y a peut-être quelque chose hein ! Après tout, j'avais eu un peu de pub sur le tome 2 et les gens que j'avais en contact étaient sympa. Simplement, cette fois il n'est visiblement pas utile de me tenir au courant. Par rapport à mes débuts, je constate que les auteurs sont de moins en moins mis dans la boucle, comme si ça ne les intéressait/regardait pas.
On m’a juste demandé à un moment « Tu penses faire une bande-annonce comme les autres fois ? Si oui, ce serait bien qu’elle soit terminée pour septembre ».
J’étais lasse. Tellement lasse que tout semble devenu à ma charge. J’ai créé le site officiel du roman, je le tiens à jour, je vais en dédicaces, je fais de la com sur les réseaux...
Et maintenant cette habitude des bandes-annonces.
J’ai fait remarquer que ce genre de travail, en principe, ça se rémunère. Entre le temps de réalisation, les compétences requises, la rémunération de la comédienne qui fait la voix, j’explose déjà le budget du livre en lui-même. J’ai quand même demandé s’il y avait un budget pour le faire. On m’a répondu que non.

- Pour mon tome précédent, quelqu'un m’avait même dit : « Oh tu sais, c’est un tome 2. Ça sert pas à grand-chose de faire de la com sur un tome 2. ». C'est peut-être vrai, j'en sais rien ? Mais ça coûte quoi, un peu d'enthousiasme face à l'auteur qui a mis un an à pondre son oeuvre ? Ça m’a rappelé les mois terribles passés à réaliser ce pilote du dessin animé Maliki, pour m’entendre dire avant le départ pour Annecy « Oui, bon, on va essayer de le présenter, mais de toute façon j’y crois pas ».

- Allez, un dernier pour la route ? Il y a quelques jours, quand j’ai reçu mes exemplaires auteur chez moi, expédiés à la mauvaise adresse (merci à ma factrice d’avoir intercepté le colis avant qu’il ne reparte), j’ai découvert que le pantone utilisé pour la bichromie des illustrations était turquoise au lieu d’être rose, ce qui change un touuuut petit peu les ambiances que j’avais bossées et validées sur le BAT.


« C’est l’imprimeur qui s’est trompé » m’a-t-on dit.
OK. Tant pis. Que voulez-vous dire ? On va pas foutre 6 tonnes de livres à la benne et réimprimer parce qu’aucun être humain n’était présent pour vérifier les feuilles au calage machine. J’ai pourtant connu un temps où ça se faisait, d'aller aux calages, et même d'y convier les auteurs. Mais je prends sur moi, encore. C’est un détail. Personne ne le verra de toute façon. Juste moi...

Voilà, c’est ça, publier un livre auquel on croit. Et la liste est loin d’être exhaustive, je vous ai épargné quelques détails sordides. C’est un amoncellement de petites déceptions et de petites désillusions qui viennent miner votre bel enthousiasme et vos efforts. Personne n’est méchant avec vous hein ! Indépendamment, les gens avec qui j’ai bossé sont même plutôt bienveillants, mais ils sont tous remplaçables, éjectables, et travaillent pour une énorme machine qui ne sait même pas que vous existez. Et votre roman, qui est tellement important pour vous... Vous avez au fond l’impression de le cramer avec tous les autres, dans la fournaise de la locomotive qui se barre sans vous.

Vous allez me dire : « Ben pourquoi t’as pas sorti le livre en autoédition, comme tu fais maintenant, au lieu de faire ta Drama Queen aujourd'hui !? »
...
Vous voulez rire ?

C’est parce que j’avais promis...


J’avais promis, à mon éditrice, que je ferai le 3ème tome du roman chez eux. Couillon non ?
Depuis, cette éditrice a été remplacée. Plusieurs fois. Je n’avais pas encore commencé à bosser sur le roman que j’avais reçu 2 fois des mails de présentation d’une nouvelle éditrice qui « prenait le relai » sur Maliki, puis se faisait remplacer quelques semaines après. A chaque fois, ces personnes me demandaient qui j’étais. Je devais leur résumer les livres déjà parus, leur donner des chiffres sur ma communauté, mes ventes (comme si on me communiquait tous les chiffres !). Elles n’avaient rien lu de moi. N’avait même pas ouvert ma page wikipédia. Et hop, elles disparaissaient.

J’aurais pu rompre ma promesse, c’est vrai. Qui restait-il, dans ce jeu de chaises musicales, pour s’en souvenir ou prendre la peine d’exhumer de vieux contrats ?
Il restait les lecteurs, enthousiastes et passionnés. Des enfants, des adultes, ceux qui viennent me voir en dédicace les yeux brillants en me demandant quand sort la suite, en m’expliquant fébrilement leurs théories sur ce qui va se passer dans le prochain tome. Et moi, qui essaie de ne pas sourire quand ils tombent juste.

Alors voilà, d’un côté j’ai tellement envie que vous lisiez ce roman, de vous prouver que j’ai travaillé dur dessus, et que si ce n’est probablement ni parfait ni magistral, c’est au moins complètement sincère et majeur dans l’univers Maliki. Que je l’ai écrit pour TOUS les publics, et pas seulement pour « la jeunesse », cette expression qui n’a aucun sens.
Et d’un autre côté, je n’ai plus envie de me (dé)battre dans ce panier de crabes. Donc, à moins que le statut des auteurs se transforme radicalement, à force de luttes et de coups de gueule comme celui-ci, ce sera le dernier roman que je publierai à compte d’éditeur.



Je m’excuse, car ce n’est vraiment pas l’annonce de sortie la plus vendeuse que j’ai pu faire pour un de mes livres. A la base je voulais juste vous expliquer pourquoi je n'avais pas fait de bande annonce cette fois-ci... Mais je ne serais pas si amère si je m’en foutais. Si je vous raconte tout ça, c’est parce que ça me prend aux tripes. Ce n’est pas une réaction à chaud, c’est mûri, pourri, ça me gangrène et me sape au quotidien. Et même si ça ressemble à un sabordage, si ça peut ouvrir un peu les yeux du public (et des institutions, on peut rêver) sur la réalité du métier d’auteur, alors ce sera toujours ça de pris.

Et si vous voulez vraiment me faire plaisir : Considérez simplement l’idée d’essayer de lire mon roman. Peu m’importe que vous l’achetiez ou que vous l’empruntiez dans une médiathèque ou à un ami. Ce qui m’importe, c’est que vous passiez un bon moment, et que vous vous évadiez un jour ou deux, comme je me suis évadée en l’écrivant.
Et si vous avez aimé, laissez-moi un petit mot.
Ou dites-le à votre libraire.
Offrez-le à un ami.
Ou laissez un avis si vous l’avez acheté en ligne.
Vous illuminerez ma journée et ramènerez un peu d’humanité et de simplicité dans un secteur qui en a bien besoin.


Des bises.
Courage, espoir !

Mali

PS : je vous mets quelques liens pour le commander en ligne (mais n'hésitez pas à le demander en priorité auprès de votre libraire préféré !) :

Pages des libraires
FNAC
e-lerclec
Cultura
Amazon de Satan

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Commentaires :

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Corail Le à , a écrit :

Bonjour, un petit message parmis tant d’autre pour te dire que je te suis depuis un long moment, tes BD et tes romans sont des petits moments d’évasion dans le quotidien, des petits moments au combien précieux !
J’ai adoré tous tes livres et ai bien sûr pré-commandé le 3ème tome dès que j’en ai eu l’occasion ! Donc merci pour toute ton imagination et ton dévouement !

Iva Le à , a écrit :

J’ai acheté et adoré les romans Maliki. J’attends ce tome 3 avec impatience.

L’effet de cette annonce me fait un petit pincement au cœur. Je suis heureuse de pouvoir lire, faire connaître et acheter les œuvres d’auteurs et d’autrices que j’aime. Savoir que mon argent rémunère un éditeur qui se moque de ses artistes, ça me refroidi beaucoup :/ (d’autant plus qu’il se tire une balle dans le pied ? Ne pas faire de com’ sur les livres qui sortent, c’est un peu idiot non ??)

Le principal, c’est de se dire « c’est sorti, c’est bon, je ne m’y ferai plus prendre ! ». Mais les faits sont là, et ça laisse un goût amer dans la bouche, une boule de rage dans le ventre. Tout ce que je peux faire, c’est continuer à vous soutenir, en espérant que d’autres ne se fassent pas avoir, ou aient la reconnaissance méritée.

Des bisous à vous, bon courage pour la suite, et félicitations pour la sortie de ce tome 3. Ça a dû représenter un gros paquet de boulot.

Noshi Le à , a écrit :

ça fait quelques années que j’ai redécouvert l’univers de Maliki, j’avais commencé durant mon adolescence y’a plus ou moins 12 ans, sauf que j’avais les images en tête ( surtout lady) mais plus de nom, impossible de retrouver. Jusqu’à ce que mon chéri lise tes strips et là se fut révélation et souvenirs (j’avais fait un dessin très moche de lady qui regarde son double maléfique) bref depuis j’attends qu’il m’offre toutes les BD et romans 😛 (il a jamais d’idées cadeaux alors comme ça il en a pour un moment :P) même après tant d’année je n’avais pas complétement oublié ton travail! Courage dans ce monde impitoyable, je trouve que tu te bats vraiment bien !

Naviss Le à , a écrit :

Ce que tu dis sur les bons livres, c’est malheureusement vrai.

J’ai découvert en mai un bouquin par une toute petite maison d’édition sans budget (les auteurs font pour une partie leurs propres couvertures, ils ne font pas de com parce qu’ils ont pas de sous, etc). C’était aux Imaginales d’Epinal. L’auteur, c’était un type chouette avec qui j’ai pu discuter longtemps de jeu de rôle et de bouquins que je déteste. Il est sympa, son projet me plait bien à l’oreille, j’achète son livre. Je le lis 3 mois plus tard. Ca a été un des meilleurs livres de fantasy que j’ai lu de ma vie. L’auteur n’était même pas dans la tente principale, occupée par des monstres de la fantasy comme Jean-Philippe Jaworski dont je trouve les livres médiocres. Il était sous une tonnelle.

Ce bouquin, il est disponible chez aucun libraire. Il faut le commander. Il a eu aucune com, donc il a pas marché. Il doit avoir 10 lecteurs sur Livraddict. PERSONNE ne le connait, alors qu’il est tellement bon ! En parallèle, des bouquins de bit-lit vus et revus sortent tous les ans par cargaison, ont des centaines voire des milliers de lecteurs… Le style est pas top, l’histoire est pas originale. Mais ça se vend. Beaucoup. Parce qu’ils ont de la com. Moi ça m’a révolté.

(Le bouquin dont je parle c’est le premier tome d’une saga qui n’a pour l’instant qu’un seul tome : Osukatei, tome 1 : Le seigneur de la Branche, par Geoffrey Legrand)

Nectar Le à , a écrit :

Désolé, ce mois c’est un peu chaud, mais en fin novembre, ce tome si ira rejoindre les deux autres sur mon étagère !

Erazada Le à , a écrit :

C’est quand même fou de se rendre compte (grâce à ce genre de pavé) ce qui se passe vraiment dans les coulisses de l’édition! C’en ai limite déprimant de voir que l’auteur (rouage PRIMORDIAL dans cette grande machine) ne soit que si peut valorisé, prit en compte, écouté ou même aidé.
Je n’ai pas encore lu tes romans (bien que j’en ai l’envie!) parce que le budget étudiant, c’est pas folichon! Mais pourquoi pas me les faire offrir (ou un pour commencer ^^) à Noël!?
En tout cas, merci à toi pour tout le contenu que tu nous partage, c’est vraiment super!!

PlopProut Le à , a écrit :

C’est triste. Je connais un peu le monde de l’édition, qui n’a jamais été très rose (il ne faut pas se leurrer, au XIXe siècle, c’était déjà très compliqué), mais ça ne va pas en s’arrangeant…
L’histoire de la bichromie me rappelle le conflit qui avait opposé Obion à Casterman en son temps pour Vilebrequin (Obion qui a gagné son procès, mais qui en a probablement payé le prix auprès des éditeurs, possiblement étiqueté comme « auteur chiant »). Courage pour tout, en tout cas…

Zarrane Le à , a écrit :

J’ai adoré ton premier livre, et des que j’ai un moment de libre, j’en profiterai pour dévorer les deux derniers ! ^^
Merci pour tout !

Quera Le à , a écrit :

Allez t’inquiète pas Maliki, on est beaucoup a se réjouir et devenir complement dingue pour lire ton roman! Puis même si tu a les cheveux qui on viré au turquoise on te reconnaitra toujours! Tu a tout notre soutient :3

Fire Le à , a écrit :

J’ai déjà les deux premiers et je file l’acheter demain ! wow je savais que devenir auteur et d’en vivre c’est dur mais la…
Mon but plus tard c’est d’écrire des livres, pouvoir en vivre peut-être… Mais je serai une sous-auteure :'( puis j’ai pas d’idée révolutionnaire, je veux juste faire ce que j’aime! Bah ! Ne pas avoir beaucoup d’argent ne me dérange pas, j’habite en Bretagne le loyer n’est pas cher… Je positive et je compte bien être publiée un jour ! Que ce soit dans le circuit classique ou pas. Merci Maliki, si je veux devenir auteure c’est grace à toi et merci de raconter la réalité du monde de l’édition ça m’aide beaucoup

Loup Le à , a écrit :

Coucou Mali !

Voilà, saches que je te suis depuis presque 8ans maintenant, mais je fais parti de la majorité silencieuse.
Je pense ne pas être la seule dans ce cas, à te lire sans forcément dire quelque chose, Et à te soutenir silencieusement.
Donc, saches que des personnes comme moi sommes là, malgré tout, pour t encourager et te soutenir quand on le peux, via tipeee ou ulule.
(Vivement que je le reçoive d ailleurs !)

J’ai 23ans, je suis tombée sur ton blog quand il y avait encore la Maliki sur la gauche qui bougeait et sur qui on pouvait cliquer.
Maliki, c est une grande part de mon enfance.

Tu fais parti de ces personnes qui m’ont donné envie de devenir autrice-illustratrice, malgré tout ce qu’il se passe autour de la considération des auteurs et de la chaîne du livre.

Je suis surtout ton blog, faute de moyens pour m’acheter des livres.

Cependant, saches que dès que je peux, je les prends !
Je n’ai pas encore pu me pencher sur tes romans jeunesse, malheureusement, toujours faute de moyens… (vive la vie étudiante en région parisienne !) mais tôt ou tard, crois-moi qu’ils feront fièrement parti de ma bibliothèque !

Certes, tu fais de l’aventure… mais euh. Les romans d’aventures (jules Verne coucou) ne sont pas forcément jeunesse… c’est dommage que les éditeurs te catégorisent ainsi, surtout que pluss ça va, pluss tu prends des actualités pour rebondir dessus, faire passer quelques messages, prendre sur toi pour tenter de donner une certaine visibilité à certaines choses… C est vraiment pas facile d’affirmer ainsi des convictions publiquement, alors que tout est sujet à lynchage public…

J’espère en tout cas que tu sauras trouver le courage de garder en vie tes bébés, qu’ils ne retournent pas au pilon, et que tu pourras vivre encore longtemps de ce rêve que tu nous partage chaque semaine (:

Force et courage à vous deux

(je dis tu depuis le bédut, car c’est toi qui a pris la parole ici, mais Becky est aussi comprise dans le lot !)

Ranxerox30 aka Stéphane Delarue Le à , a écrit :

Purée… Ça fout les boules d’être auteur…
De se faire quasiment racketter par you tube ou face book pour sortir la tête de l’eau et dire « hého, j’existe, j’ai besoin d’avoir mon frigo plein comme tout le monde en faisant mon boulot et vous, en guise de bouée de sauvetage pour me sauver, vous me demandez du pognon ?… »
Ça fait vraiment mal au coeur tout ça…
De se couper aux quatre veines pour pondre un objet merveilleux et se rendre compte qu’au lieu de t’aider, on t’enfonce la tête sous l’eau…

De plus, de te demander « qui tu es » comme le premier noob qui découvre internet, ayant la flemme de taper sur Google ton pseudo, c’est un énorme foutage de gueule de la part des éditeurs… Honte sur eux!
Un auteur ne pond pas un livre comme une poule un oeuf par jour.

Dans les pages de son livre, on sait qu’un auteur y a sué sang et eau, nuits blanches et peur de décevoir son public. Sans compter le fait que son roman peut partir au pilon. Ses rêves détruits d’un simple ordre…

Un livre, c’est aussi précieux qu’un diamant quand on l’a lu. On en parle, mais on ne le prête pas, de peur qu’on nous l’étiole.
Un livre, c’est une naissance douloureuse qu’un auteur craint à chaque édition, mon « bébé » va t’il plaire aux gens ou les faire fuir?…
Maliki n’est pas née de la dernière pluie. Elle en a pris des mauvais coups durant sa vie. Elle s’est forgée une carapace et de l’expérience mais ça fait toujours mal un refus.
En tout les cas, merci de t’ouvrir à nous, ça nous permet de visualiser le monde d’une autrice, auteuse? Je m’y perd…
C’est pas facile pour un edelweiss de percer sous une énorme couche de glace, mais « nous » (lectrices et lecteurs) on fera tout pour que la fleur éclose!

Bisous Maliki, bisous Becky, vous faites un travail herculéen pour nous, on ne se rend pas compte du taf effectué tant qu’on ne l’a pas vécu mais on sait que ce n’est pas du gâteau.
Courage, tout le monde vous soutient dans votre travail. :3

Xefonis Le à , a écrit :

Effectivement, c’est un peu une douche froide comme message. Même en prenant en compte la multitude de publications mensuelles, je doute que cela suffise à justifier un tel système. Et je parle même pas de la sous-catégorisation du genre « jeunesse ».

Du coup, moi qui me suis mis à écrire il y a un petit moment, une question m’assaille: « Est-ce que ça vaut seulement le coup d’essayer ? »
Je sais qu’on dit qu' »on écrit pour soi » – ce que je soupçonne d’être une formule de réconfort pour quand on se retrouve avec vingt livres vendus à son actif – mais je ne pense pas que je supporterais de déverser mon âme sur le papier pendant des mois pour que tout ça soit ignoré. Trop d’efforts. Trop d’importance. Trop de substance.
Pour un outsider au genre indéfinissable, est-ce que ça vaut le coup de vouloir créer ce qui ne peut même pas être catégorisé ? De mélanger légèreté et gravité comme l’eau et l’huile avec le fol espoir que la masse y adhère ?

Il y a toujours la petite phrase clichée du « crois en tes rêves », mais là, je suis à un carrefour difficile. Et je ne crois pas être le seul à m’y trouver. Se lancer, ou abandonner ? Telle est ma question.

Miztli Le à , a écrit :

Bravo pour ton livre et ton courage ! Et merci de nous faire part de ces « anecdotes », je savais bien que c’était la galère de se faire éditer, mais pas à ce point d’inhumanité.

Rim Le à , a écrit :

Je voulais juste te dire que je comprends ton sentiment, je suis en étude des métiers de l’édition et des bibliothèques et une éditrice nous enseigne les métiers de l’édition. Je m’étais dit cool, on va avoir l’avis d’une professionnelle ! Au final, je suis dégoûtée et j’ai plus du tout envie de faire ça… Franchement je pense que si tu éditais autre chose, ce serait mieux en auto-édition vraiment, parce que au moins ce serait ton travail et pas quelque chose de transformer pour plaire à tous ou alors quelque chose que toute la chaîne éditorial ne regarde même pas !
En tout cas moi demain, je serais en librairie pour acheter ton livre j’ai beaucoup trop aimé les deux premiers alors je ne laisserai pas passer celui là !
Merci pour tout !

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